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Christophe Assens, à l’assaut des réseaux

Maître de conférences à l’Institut supérieur du management, Christophe Assens est spécialiste de la stratégie d’entreprise. Les réseaux sociaux, tant physiques qu’en ligne, représentent un véritable phénomène qui traverse la société. Il a publié très récemment «Réseaux sociaux : tous ego ? Libre ou otage du regard des autres?» Zoom en 3 questions.

le 5 décembre 2016

Le 5 décembre 2016

 


Pourquoi avoir traité ce sujet ?

« Les réseaux, la notion des réseaux, le management des réseaux constituent ma thématique de recherche, thématique que j’ai déjà abordée dans des temps où les réseaux en ligne n’existaient pas. Avec le fonctionnement dans les entreprises et les administrations, le rapprochement des établissements entre eux, la notion de réseaux était déjà présente. Mon ouvrage est un travail de vulgarisation sur les réseaux qui ont largement dépassé le cadre économique : socialisation des jeunes via les plateformes, domaine politique, etc. Le phénomène montre une transformation radicale du monde vertical institutionnel vers le monde horizontal des réseaux. L’approche est différente : le public est plus large. »



Les réseaux sociaux sont-ils synonymes d’ouverture ou de repli ?

« On pourrait penser que par leur mode de fonctionnement transversal, solidaire, collaboratif, les réseaux sociaux répondent à la crise des institutions. Mais contrairement aux idées reçues, ces réseaux sociaux fonctionnent sur le mode communautaire et ne sont pas représentatifs de la société. Il apparaît nécessaire de trouver une articulation entre les réseaux synonymes de nouveauté, d’innovation, d’échanges, et les institutions gardiennes neutres de l’intérêt général. Le paradoxe est que l’individu évolue dans un monde dominé par des institutions hiérarchiques/verticales, tout en travaillant en réseaux/horizontal. Du côté plus personnel, les réseaux amplifient les comportements égocentriques plutôt qu’à aider la société à s’ouvrir sur la différence et la diversité. Avec cette multiplication des réseaux, on n’est pas entrés dans une ère plus fraternelle. Quand l’information et la transparence sont érigées en dogmes, la société se révèle de plus en plus individualiste, avec une perte de l’esprit critique, et où la forme l’emporte sur le fond. »


Pouvez-vous illustrer vos propos à travers quelques exemples?

« Les réseaux et leur impact peuvent être illustrés par ces deux exemples qui touchent à la politique. La fracture sociale entre ceux qui font partie des réseaux influents et ceux qui n'en font pas partie est flagrante, par exemple dans l’élection de Donald Trump. Au niveau de la cartographie des votes, on constate un clivage géographique entre ceux qui sont insérés dans des réseaux professionnels et personnels, et ceux qui vivent en marge de ces réseaux. Lors de sa campagne électorale, les réseaux avaient très utiles à Barack Obama qui les avait également utilisés, notamment par le crowdfunding, pour obtenir un financement participatif. »
Informations complémentaires
> Site du LAREQUOI
> Réseaux sociaux : tous ego ? Libre ou otage du regard des autres ?
Contact
Annelise Gounon-Pesquet, chargée de communication scientifique annelise.gounon-pesquet@uvsq.fr